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mercredi, juin 15

Parce que je suis toujours un peu -beaucoup- en retard


L’impro du dimanche
Dans un bar plein par surprise
La terrasse toute habillée
Tuques et foulards
Mon café qui fume
Gobelet carton dans une rue qui vire  
Et moi
Centripète à robe rouge
Comme émerveillée
De la voir enfin
S’éveiller

J'ai le printemps dans le nez

lundi, avril 4

variation sur un même thème




La poésie c’est
rassurant
je ne peux pas m’y tromper


-      -      -      -      -      -      -      -


Avec mes grands airs flous
vêtir ma naïveté
de papier glacé froissé
un pouce de bleed
couverture cartonnée
cent pages de mots alignés reliés
qui font du sens
qui n’en font plus
qui se retrouvent dans le creux
de ta main
ma naïveté dans le creux de ta main
oui c’est ça
ma poésie



mardi, mars 15

à l'infinitif



Boire trop de café
Manger tous mes ongles
Respirer fort
Penser vite
Vertige du cœur tambour
Avec
Mes mains mouettes
Qui touchent à tout
Qui ne touchent pas terre

samedi, mars 12

Et toutes ces conneries

j'ai craché au ciel 
j'ai craché à
ton
Dieu 
et toutes ces conneries qui me donnent envie de ne pas avoir la foi
du moins en personne
sauf
moi
j'ai craché au ciel
et il s'est mis à pleuvoir

mercredi, mars 9

Phrases dans le vent


On me dit que je suis girouette
Mais au moins je danse
Je danse du bon pieds
Celui qui m’appartient

On dira que je suis girouette
Car si je vais dans tous les sens
C’est que je suis libre en mon seul centre

Par temps bête

quand le vent souffle si fort et que toutes les eaux s'évaporent 
par temps bête
je suis sûre mais lucide 
je 
mords
ma langue-marteau
Merde 
Marde 
Marre del mar
je crache en l'air 
et vlan !
          le retour du vent
sous forme de pluies acides

Est-ce qu'on mange de la fondue ce soir ? 



mercredi, août 18

Tes mots

           °
Sans sérieux, sans souci
trois aveux
deux sourires
et un mensonge
Puis,
l'innocence d'un soupir
Tes mots,
Ils n'étaient pas de trop.
J'ai marché longtemps avec eux.
                    
           °

samedi, août 7

La mort au p'tit déjeuner

. . .

Je mange la mort à chaque matin
Je mange la mort en sortant du lit

Je la mange sur mes toasts
Au petit déjeuner
Et souvent je la bois
Dans la douche

Je mange la mort
Surtout pour rester fière
Ou pour éviter qu'elle ne me change
En un corps austère
Ni doux, ni amer

Chaque matin, elle aimerait que je reste au lit
Mais je la dévore avec mon géant appétit 
Chaque matin, c'est la mort de ma mort

. . .

vendredi, juillet 23

Peau rouge

Ma torpeur en éveil
Et sort le sauvage animal
Je crie au loup
pour un simple coup



Tonnerre!
Pour un simple éclair
Fou d'amer
Le flou des douzes coups,
dans l'attente du vent.
Le noir descend.



Nuit noir! Nuit rouge!
Crie l'indien
Provocant le duel
Il te jette son fiel,
d'un regard miel
et disparaît           



il disparaît dans le mauve des jours

mercredi, juin 30

. L ' e f f o r t . d ' e x i s t e R .

...

J'e r r e
Avec pour seul repère:
Mon sillage éphémère
Laissé au travers de tes pages

Mon reflet; ta mémoire
Brulée de ton Histoire
Qui n'a pour espoir,
Que ce qui n'est pas encore.

À t'offrir, je n'ai pour ma part,
Rien de plus que l'effort
L'effort d'exister

À travers chaque pas, chaque geste,
Chaque cri, chaque pleure et chaque rire
Je m'enchaîne et tu te livres
Je t'écris et tu me lis

Dans la constance du poids de l'être
La force qu'il faut pour incarner
L'auteur et l'acteur.


...

lundi, mai 10

Dantelle et Tango

De la dentelle devant les yeux
mais des mots violents dans la bouche

Un cris amer s'échappe,
Glisse sur son épaule
Cette fois, il ne goutera pas,
Le doux son de tes pleures 

Danse, danse sur les dernières notes de ton tango

De la dentelle devant les yeux 
Et dans sa tête, de la fumée bleu

vendredi, avril 30

La Valse des Pantins revisitée

La musique jaillie. les pantins sont sortis.

Ils  marchent désinvoltes et insouciants sur les dernières braises de leur baise
Guidés par l'impulsion du son.
Paf paf ... tum paf paf tumtum... Paf tchinng et Vlan !
T'entends ce corps qui te dit non?
Il frappe, il FRAPPE de tout son long
pour réanimer ton sens de l'observation.
Ouvres la bouche;
Pourquoi? T'as rien à me dire.

Insouciance volontaire, ou téméraire...

Je ne sais plus quand déjà, je me suis mise à croire qu'il y avait toujours de l'espoir.

mardi, avril 27

ton paysage

Tu te donne des excuses,
c'est l'ascension de ta dérision.
Tu laisses les apparences te porter. Loin.
Jusqu'à l'autre rive, de là tu vois
Tu ne vis pas.
Tu observes le spectacle de l'île flottante
et les toits de te tes rêves.
Au-dessus, tu t'y crois,
mais en-dessous tu resteras,
englouti par les eaux troubles.


Et tu continues, tu continues.
Tu continues d'admirer le mirage de ton éternité.
Figé

jeudi, avril 15

Poème caché

Lentement
À petit feux
Dans tes yeux
Sauvage, toujours un peu


Ce ne sont pas...
Oooh! Non ce ne sont pas les mots qui le disent,
Regarde!


Les mains,
Fuyantes, mais fumantes
Les mains s'échappent
Elles trahissent, se révèlent

Ce ne sont pas...
Oh! Non ce ne sont pas les mots qui le disent,
Écoute!

Les souffles perdus
Écho d'un rire
Les lèvres parlent
Sans le dire, non sans le dire


Ce ne sont pas...
Oooh! Non ce ne sont pas les mots qui le disent,
Sauvage, toujours un peu
Pour que tu voix
Chaque jour
De mieux en mieux 

dimanche, avril 4

Petite fin du monde - Hector de Saint-Denys Garneau


Oh ! Oh !

Les oiseaux

morts





Les oiseaux

les colombes

nos mains





Qu'est-ce qu'elles ont eu

qu'elles ne se reconnaissent plus





On les a vues autrefois

Se rencontrer dans la pleine clarté

se balancer dans le ciel

se côtoyer avec tant de plaisir

et se connaître

dans une telle douceur




Qu'est-ce qu'elles ont maintenant

quatre mains sans plus un chant

que voici mortes
désertées




J'ai goûté à la fin du monde

et ton visage a paru périr

devant ce silence de quatre colombes

devant la mort de ces quatre mains

Tombées

en rang côte à côte





Et l'on se demande

A ce deuil

quelle mort secrète

quel travail secret de la mort

par quelle voie intime dans notre ombre

où nos regards n'ont pas voulu descendre

La mort

a mangé la vie aux oiseaux

a chassé le chant et rompu le vol

à quatre colombes

alignées sous nos yeux

de sorte qu'elles sont maintenant

sans palpitation

et sans rayonnement de l'âme.

dimanche, mars 7

Ensorcellée de lucidité.

Voici l'érosion des coeurs contre la noyade heureuse.
Ne jette pas l'encre tout de suite. Sous mon radeau, j'oublie les requins.
Insousciente, j'y laisse mes jambes flotter. Il n'y a pas de danger car si je ne le vois pas, c'est qu'il n'existe pas. Les eaux troubles ressellent de trésors. Je me suis enfuie avec la clé mais je t'ai laissé le Do. Seule sur mon radeau, au milieu des dangers, sans musique juste une vulgaire clé,  mais je n'ai pas besoin de ton accord pour que la musique vienne à mes oreilles. Qu'est-ce que j'entends? C'est l'eau qui s'affaisse lassivement sur mon petit bateau. Il s'effrite, il s'enfonce, il se noit. Enchantée par les vagues, je me laisse couler. Le vent, les chants, un tourbillon de calmant allarment. Couler ou plonger?

Couler ou plonger?

jeudi, février 18

Fuir la réalité à coup de vers.

 Souvenirs artificiels
Parfois miels,
Souvent fieles
Pas si sveltes.
Tour de Babel
Tu me restes fidèle,
Trop ponctuelle

Une vie artificielle,
sur fond
papier acquarelle.

Immortels.


                                       

mercredi, février 17

Inspiration éditorial ...

Liaison nocturne
Vivre à petit feu
Tromper les ombres;
Plaisir taciturne.


Ton sur tons
Dénivellation
Divagations
Tu tournes en rond.


Courir sans fond
Droit vers l'hameçon.
Sauter l'occasion
Pour s'aider à l'abandon.


Mensonge,
Couleur charbon,
Sur les bas-fond d'une trame sans son.


Lueur diurne,
Retour de l'enclume
Sors de la brume.
Et en avant la chanson !